The Prestige "Black Mouth" (Hardcore, Post Hardcore/Basement Apes Industries, Tangled Talk Records, Enjoyment Records, Brain Ache Records)

Il n’aura pas fallu longtemps à The Prestige pour faire sensation en France avec son EP « A Serie of Catastrophes and Consequences » en 2009. À peine 6 mois après leur formation, les Parisiens proposaient un style particulier en puisant dans le rockin’ hardcore, le punk, le metal et le post hardcore, leur permettant de taper dans des publics divers et variés. 3 ans plus tard, le quatuor revient avec « Black Mouth » et a mis les bouchées doubles (si l’on reste dans le thème buccal) pour accoucher d’un premier album à la hauteur des espérances. Pas moins de 4 labels, une équipe d’enregistrement franco-suédoise de choc (Guyom Pavesi, Amaury Sauvé et Magnus Lindberg) et une promotion massive (artwork par Tom Lacey, publicité et tournée) sont là pour hausser The Prestige au rang d’espoir de la scène française rock énervée, dirons-nous (au même titre qu’As We Draw ou Birds In Row). Qu’en est-il alors de « Black Mouth » dans son contenu ? Premièrement, les Parisiens s’orientent plus clairement vers le style de The Chariot et ces parties déstructurées comprenant larsens, arrêts brutaux, reprises rapides, arrêts brutaux, reprises lentes, arrêts brutaux, reprises en mesures impaires, etc. Exit donc le coté hardcore rock ‘n roll/claps de mains/chœurs féminins et place à une musique rentre dedans et brute de décoffrage (le son ouvert, laissé naturel volontairement plus le fait d’avoir enregistré live y contribuent aussi). Deuxièmement, on trouve des passages forts intéressants dans l’album comme les morceaux Pluie, A Thousand Trees in my Closet et Hooks and Lips avec ce coté bluesy/intimiste montrant The Prestige sous un autre jour, triste et mélancolique. Cette prise de risque est à souligner car le groupe n’hésite pas à passer en chant clair et à s’adonner à des parties plus planantes changeant radicalement la facette d’un album qui aurait pu tourner vite en rond avec 10 chansons identiques. « Black Mouth » est donc une œuvre personnelle à part entière convaincante. Les Parisiens ont réussi à garder la fraîcheur de leur début, tout en s’orientant vers un style plus définissable, avec une réelle identité. Épreuve du premier album réussie !
Etienne